L’Impératrice lève le voile sur Matahari

Après trois EPs et un maxi, le sextuor parisien aux multiples horizons invoque Matahari, figure emblématique de la Belle Époque, pour incarner son premier album.

Un album dansant et millimétré

On l’attendait depuis un bon moment déjà. Le voilà enfin. Nos attentes étaient grandes, elles sont copieusement surpassées. La formation hexacéphale livre aujourd’hui un disque précis et dansant, à l’image des plus belles heures de la French touch, de Air aux Daft Punk. Et c’est Renaud Létang, l’homme de l’ombre de Katerine, Gonzales ou encore Manu Chao, qui a réalisé cet album aux Studios Ferber durant l’année 2017.

Le groupe exhibe avec Matahari tous ses atouts : de l’instrumental électro-lunaire Là-haut – qui n’est en aucun cas une référence à Là-bas de Jean-Jacques Goldman – au format chanson avec le planant Paris ; en passant par les cordes frottées de Masques, piste marquée par le bagage classique d’Hagni et David, respectivement claviériste et bassiste du groupe.

On retrouve également dans cet album une adaptation française de la chanson Starlight de Risqué, un girl band féminin néerlandais du début des années 80 ; ou encore un long titre instrumental cuivré de sept minutes sur lequel le légendaire Eumir Deodato (Kool & the Gang, Frank Sinatra…) a apposé sa touche personnelle.

– © Alphonse Terrier

Des influences cinématographiques indéniables

On peut aisément concevoir Matahari comme une grande bande originale de film, tant l’album possède une cohérence d’ensemble. Si Masques est une référence claire aux plus belles œuvres d’Ennio Morricone, compositeur chéri par le groupe, on retrouve aussi une multitude de clins d’œil legrandesques – ce mot a largement sa place dans le dictionnaire, bisous Michel – dans de nombreux arrangements de l’album, du planant Vacances au bouleversant Entre-deux.

Ce sont également des images fortes qui sont convoquées dans cet album. Dans le clip d’Erreur 404, d’abord, rempli de personnages truffaldiens. Dans la chanson Balade fantôme, ensuite, où l’album bascule dans une étourdissante odyssée spatiale à la 2001.

Mais la relation avec le cinéma ne s’arrête pas là, tant s’en faut. Comme les meilleurs films, Matahari surprend à la première écoute, mais aussi et surtout aux suivantes. C’est peut-être ça, finalement, la bonne musique.

Une chose est en tout cas certaine : L’Impératrice n’a pas fini de nous faire groover, et nous n’avons pas fini de l’aimer.

– © Alphonse Terrier

Matahari, le premier album de L’Impératrice, est disponible depuis le 2 mars chez le label microqlima. Le groupe sera en tournée dans toute la France à partir du 16 mars prochain.