Keep Dancing Inc : « Il suffit de se lancer à fond »

Rencontre avec les trois membres du groupe Keep Dancing Inc, quelques heures avant leur concert à l’Olympic Café le 30 novembre dernier.

Salut Keep Dancing Inc, on peut commencer par un petit historique du groupe, pour ceux qui ne vous connaitraient pas encore ?

Louis : Charles et moi on s’est rencontrés à un concert de Palma Violets en avril 2013, puis on est chacun allés voir le concert du groupe de l’autre. On s’entendait bien et donc on s’est dit qu’on allait essayer de faire de la musique ensemble.

Charles : Puis quand on est rentrés à la fac, on a commencé à faire des choses un peu sérieuses, on a commencé vraiment à écrire des chansons, à répéter pour des concerts. On a fait notre premier concert en mars 2015 et ensuite on a continué à faire une petite dizaine de concerts tous les deux. Il y a quasiment deux ans, Joseph est venu nous voir à l’Olympic Café et il est rentré dans le groupe ! Et depuis, le groupe devient un truc assez sérieux, on a signé un deal de label, on a un tourneur et ça se passe bien.

Quels sont les artistes qui vous ont influencés ?

Charles : On s’entend tous les trois très bien sur tout ce qui est musique de Manchester. On est vachement fans de Factory Records et de Joy Division, New Order mais aussi The Durutti Column, Happy Mondays, The Stone Roses.

Mais on essaye de ne pas limiter nos influences à juste quelques scènes, nos influences sont super diverses en fait. Toute la scène de Madchester finalement c’est assez pertinent, parce que c’est vraiment ça : cette musique à la fois électronique et punk nous parle beaucoup.

On assiste à l’émergence d’une nouvelle scène française où tout le monde chante en français. Pourquoi avoir fait le choix de l’anglais pour vos textes ?

Charles : En tout cas, il n’y a aucune volonté de se différencier de cette scène-là : on aime beaucoup des artistes comme Paradis, Flavien Berger ou même Salut c’est cool. J’ai toujours écrit des paroles en anglais parce que la musique que j’écoute c’est de la musique anglo-saxonne. On ne s’est finalement jamais trop posé la question.

Louis : On a toujours eu du mal à écrire en français parce que c’est notre langue et donc c’est plus direct. D’une certaine manière, l’anglais est un peu un voile.

Charles : Au départ, c’était un peu pour faire en sorte que le public se concentre plus sur la musique que sur les paroles. Mais les choses évoluent et sur l’album sur lequel on est en train de travailler, je pense que l’anglais ne sera plus considéré comme un voile même s’il l’a été au début.

Qu’est-ce qui vous a motivé particulièrement à faire de la musique ?

Louis : J’ai commencé à faire de la guitare et j’ai adoré ça.

Joseph : J’ai commencé le piano très jeune, pareil j’ai adoré ça, et un jour j’ai eu un déclic en achetant un hors-série des Inrocks sur la scène new-yorkaise des années 80. J’ai découvert les Velvet Underground et Talking Heads et ça m’a encore plus motivé : ça m’a donné envie de me professionnaliser là-dedans et que la musique ne soit pas simplement juste un hobbie.

Charles : Moi j’ai commencé la guitare super tôt, quand je devais avoir sept ou huit ans. Puis quand j’étais en sixième et qu’on m’a offert une guitare électrique, j’ai commencé à apprendre des morceaux avec des accords. Un des premiers trucs que j’ai fait, c’est de changer l’ordre des accords. Et je me suis rendu compte que ça te donnait une nouvelle chanson : je trouvais ça dingue ! Donc depuis que j’ai douze ans, du coup, j’écris des morceaux, avec bien sûr des qualités variables en fonction de mon âge (rires).

Et si vous aviez un conseil à donner à quelqu’un qui veut se professionnaliser dans le domaine de la musique ?

Charles : On peut t’en donner pleins !

Joseph : Demande à tes proches, les gens très très proches de toi, ta famille ou tes meilleurs amis, si t’es vraiment doué pour ça.

Charles : Et à la limite, s’ils te disent non : bosse dur et ne te démotive pas !

Joseph : Ne prends rien pour acquis, bosse dur et dis-toi qu’il y a des milliers de gens qui sont bien meilleurs que toi et qu’il faut que tu te dépasses !

Charles : Même si le conseil de Joseph est super pertinent : je pense que je vais dire l’inverse ! Finalement, il suffit de se lancer à fond et c’est pas si compliqué. Quelque chose de super important c’est d’être sociable et de rencontrer un maximum de personnes qui peuvent jouer avec toi, te donner des coups de mains, organiser des concerts avec toi, sortir des disques avec toi. Et ne pas essayer de copier les chansons d’un groupe que tu aimes !

Louis : Pas de drogue, et ne commence pas à fumer des clopes parce que tu vas jamais t’arrêter (rires) ! Non, apprendre à faire de la musique tout seul.

Charles : T’as raison c’est ça le meilleur conseil ! Être prêt à tout faire tout seul, n’avoir besoin de personne !

Des coups de cœurs récents à partager ?

Charles : Récemment j’ai découvert un album sorti en 2015, de Clarence Clarity sur Bella Union, qui dure une heure : trop bizarre et super cool ! Et aussi les deux nouvelles sorties de la Paul Institute donc Fabiana Palladino et Ruthven : trop bien !

Louis : En ce moment, je dirais que j’écoute pas mal d’Aphex Twin et de Legowelt. J’aimerais bien faire un album d’Aphex Twin avec des guitares et des voix en plus ! Et sinon un groupe qui s’appelle Weval, qui fait de l’IDM (Intelligent Dance Music). Franchement, leurs productions sont assez « bluffantes ».

Joseph : Moi j’écoute beaucoup de choses en ce moment. Pendant un moment j’étais assez puriste du vinyle avec une écoute sacralisée. Et de plus en plus je m’ouvre à Spotify, et je découvre beaucoup beaucoup de choses et tu n’es limité par rien. Du coup je me suis fait plein de playlists Spotify classées par mood : j’ai une playlist folk américaine des années 70s, une autre synth-pop des années 80.

Avez-vous un rêve musical ultime ?

Joseph : Je pense que le premier but, c’est de vivre confortablement de notre musique.

Charles : En vrai, sortir un album qui est toujours pertinent dans 10 ou 20 ans.

Louis : Mais qui a quand même du succès quand il sort !

Charles : Glastonbury sinon ce serait énorme !

Louis : Ou se faire un petit Madison Square Garden !

Des collaborations rêvées ?

Joseph : Ce qui nous brancherait ce serait de collaborer avec tous nos potes et de grandir avec eux. Marek Zerba, Superlife et Cyclisme, The Bad Pelicans, Edgar Déception !

Vos projets pour 2018 ?

Charles : Un album qui est en train de se terminer. On ne sait pas exactement quand on pourra le sortir. On espère aussi faire un maximum de concerts en France et à l’étranger.

Et pour finir, c’est quoi pour vous la bonne musique ?

Louis : C’est la musique qui est faite avec ton âme, avec tes tripes (rires) !

Charles : En vrai, n’importe quelle musique qui fait ressentir quelque chose à quelqu’un, c’est ça la bonne musique !

Keep Dancing Inc sortira son premier album en 2018 et jouera le 20 décembre 2017 au Supersonic.