Lysistrata : « Quand on sort du live, il faut qu’on soit K.O »

Lysistrata est un groupe français qui brûle la nouvelle scène rock. Rencontre avec Max, Théo et Ben autour leur album « The Thread » sorti en octobre dernier.

Bonjour Lysistrata, pour commencer, pouvez-vous présenter votre groupe à ceux qui ne vous connaîtraient pas ?

Max : On est Lysistrata et on fait du rock assez énergique !

– © Alphonse Terrier

Théo : On dit rock parce que quand on dit « post-rock » aux gens ils demandent ce que c’est.

Max : On a pleins d’influences différentes du coup on dit souvent qu’on fait du rock alternatif !

Votre premier album « The Thread » est sorti en octobre dernier après trois « gros EPs », vous l’avez vécu comment ?

Ben : On a fait des longs EP de 40 minutes ! C’était quelque chose d’important pour nous cet album, parce que c’était notre premier truc vraiment concret avec un label. C’est la première fois qu’on jouait dans un vrai beau studio. On a fait trois release party pour cet album donc la sortie a duré pas mal de temps et on en est super fiers !

Théo : C’est un peu un aboutissement de sortir un album, de faire un truc qui nous plaît avec un vrai son studio.

Max : On jouait certains morceaux depuis pas mal de temps et que l’on a gardé pour l’album ! Du coup, c’est un peu un mélange de morceaux qu’on joue depuis un moment, de morceaux que l’on a composé assez récemment, et de morceaux qu’on a carrément composé en studio. C’est une belle synthèse de ce que l’on présente. C’est plus cohérent du début à la fin qu’un EP : un EP ça fait un peu carte de visite !

En parlant «de votre album, il contient un morceau assez sombre et intriguant, qui se nomme « Sugar & Anxiety ». Pouvez-vous me raconter un peu l’histoire de ce morceau ?

Théo : C’est une des premières fois où l’on composait un morceau aussi long, il en raconte beaucoup au niveau des paroles au début.

Ben : Au tout départ, on voulait sampler la partie parlée du début qui est une conversation entre une fille et un garçon, mais on a fini par le faire en live. On a beaucoup bossé sur ce morceau et on bosse toujours dessus d’ailleurs. Il apparaît sur plusieurs EPs et sur l’album. Il est à chaque fois différent, c’est un morceau qui évolue sans cesse, autant sur les albums qu’en live, c’est vraiment un morceau phare qu’on joue chaque soir différemment.

Vos premier EPs étaient très instrumentaux et au fil du temps, on retrouve de plus en plus de paroles (chantées ou parlées)  dans vos morceaux. Comment vous expliquez cette évolution ?

Théo : Notre premier EP « Bicycle Holiday » qu’on trouve uniquement sur Bandcamp est entièrement instrumental. Mais auprès du public ça marche plus avec des paroles donc, au fil du temps, on s’est mis à écrire de plus en plus, mais c’est aussi parce qu’on s’est rendus compte qu’on avait des choses à dire. On aime quand même garder de longs passages instrumentaux.

Pour vous avoir vu sur scène, on vit vraiment vos concerts comme une sorte de cérémonie : on crie, on plane, et tout d’un coup ça explose. Comment vous vivez ça de votre côté ?

Théo : En fait, peu importe où l’on joue, on vit chaque live avec la même intention. On veut toujours que ce soit intense, on essaye toujours d’être honnêtes. Et puis c’est assez extrême, à certains moments il y a uniquement du stroboscope hyper violent et une masse de son. C’est vraiment pour plaquer notre gueule et la gueule des gens aussi, pour les faire un peu tomber. Puis nous ça nous prend aussi, émotionnellement c’est intense.

Max : Quand on sort du live, il faut qu’on soit K.O !

Théo : Oui voilà, c’est un peu comme les sportifs qui se donnent à fond et qui ont envie d’être exténués à la fin, on a vraiment envie d’être dans le rouge.

Max : Notre set monte assez crescendo, parfois on baille avant de monter sur scène et le live nous réveille ! Ça passe très très vite !

Vous pouvez nous donner un moment parfait pour vous écouter ?

Théo : Quand tu viens de perdre ton taff’ !

Max : En live ! Sinon les gens disent que ça marche bien en voiture ! Tu mets les huit minutes de Sugar & Anxiety sur l’autoroute, ça passe bien !

– © Alphonse Terrier

Qu’est ce qu’on écoute chez Lysistrata en ce moment ?

Théo : On écoute du Sonic Youth, Hot Snakes, Fiona Apple…

Ben : On écoute beaucoup Radiohead aussi, on adore Radiohead.

Théo : On a joué avec un groupe aussi récemment, ils s’appellent Trukks et chantent en français. C’est vraiment génial, tu es téléporté dans une autre époque !

Qu’est ce que la bonne musique pour vous ?

Max : La musique honnête, tant que c’est fait avec la cœur, c’est de la bonne musique.

Lysistrata se produira dans plusieurs festivals cet été dans toute la France, notamment au Festival Solidays le dimanche 24 juin.