Tim Dup : « Je suis un artiste jeune et curieux »

Nous avons discuté avec Tim Dup à l’occasion de son concert à la Comédie Odéon pour le festival French Connection. Entretien à propos de son premier album « Mélancolie heureuse » sorti en octobre dernier.

Salut Tim Dup, peux-tu nous dire quel artiste tu es en quelques mots ?

Je suis un artiste jeune et curieux, je pense que ce sont les deux traits de mon caractère artistique. Comme je suis jeune, j’essaye de m’efforcer à faire quelque chose de moderne dans le traitement, dans la façon de composer… Et je suis curieux dans le sens où j’écoute pleins de trucs différents, qui m’inspirent à leurs manières : le hip-hop, la chanson, l’électro ou même la musique classique, le reggae… Beaucoup de trucs quoi !

Comment te sens-tu quelques mois après la sortie de ton album « Mélancolie heureuse » ?

C’est cool ! Je suis trop content parce qu’il y a des bons retours ! Ça fait plaisir d’avoir des télés comme « On n’est pas couché », « Quotidien »… Et puis j’ai une belle presse. Tout ça c’est trop bien, mais c’est pas ça qui fait qu’un artiste fait carrière ou rencontre son public. Là, ce qui me touche vraiment, c’est qu’il y a surtout un retour des vrais gens, du public, et ça c’est très chouette ! Moi je m’attendais pas à ce qu’il y ait du monde sur les dates en province et en fait c’est le cas ! Ça me fait vraiment plaisir !

Cela n’a pas été trop impressionnant de faire ces gros plateaux télés ?

C’est vraiment un autre monde et il faut avoir conscience qu’il faut faire attention à ce que tu dis et à ce que tu fais. Chaque mot, chaque geste est hyper exacerbé. « On n’est pas couché » c’est une émission critique, donc à partir du moment où on te critique, que ce soit positivement ou négativement, il y a un parti pris. Ce n’était pas une émission facile, parce qu’ils se sont crêpés le chignon entre anciens chroniqueurs, et tout simplement, les chroniqueurs n’avaient pas écouté mon album. Donc forcément c’est difficile d’avoir une discussion « musique » avec des gens qui n’écoutent pas. Mais ça reste quand même une super belle promo, Laurent Ruquier a été super !

Tu peux choisir un titre dans ton album et nous raconter son histoire ?

Je te laisse choisir !

« Une envie méchante » !

Une envie méchante c’est une chanson qui a un peu une double lecture. La première m’est venue d’une histoire, celle d’une mannequin biélorusse que l’on avait retrouvée en bas de son immeuble à New York. On ne sait même pas trop si elle s’est défenestrée.. L’histoire est un peu floue, elle était hyper jeune, elle avait dix-neuf ans je crois, et elle était sur le toit du monde, de la célébrité.

Et en fait, cette histoire m’a marqué, comme quoi les excès de la notoriété et tout ce que ça peut comporter, c’est vraiment dégueulasse ! On est dans une société où on impose beaucoup le fait d’être parfait tout le temps, d’être beau, d’être bien, d’être présentable, d’être stylé, d’avoir des followers. Il y a un truc comme ça qui est un peu étouffant je trouve ! Moi ça va et toi aussi je pense parce qu’on a passé ce cap un peu « adolescent » mais pour des ados, des jeunes qui se construisent, c’est hyper difficile le regard des autres et du coup ça parle de ça : du regard des autres et du coup des dangers que ça peut avoir. C’est aussi un peu un message subliminal pour rassurer mes parents qui étaient un peu inquiets pour ma vie future lorsque j’ai commencé à me professionnaliser dans le milieu artistique.

Qu’est ce que l’on trouve dans ta playlist hivernale ?

J’écoute pleins de trucs ! En ce moment j’écoute un peu Eminem, je me suis mis à réécouter Jack Johnson, ça faisait longtemps que je n’avais pas écouté, je kiffe ! J’écoute aussi pas mal de techno, Pleasurekraft ou Nu. Après, en ce moment j’écoute énormément Childish Gambino et Mac Demarco. Son dernier album est assez triste, mélancolique. D’ailleurs je crois que c’est un mec qui est assez mélancolique alors que pourtant il a l’air tout le temps happy et foncedé aussi !

J’ai remarqué que contrairement à d’autres artistes, tu as sorti un clip pour pratiquement toutes les chansons de l’album. C’est important d’illustrer tes mots, ta musique par des images ?

Ouais ! C’est hyper important ! C’était parti de choses qui me semblaient être importantes : le fait que la plupart des gens écoutent la musique sur YouTube parce que c’est un accès qui est encore gratuit et du coup disponible très facilement. Ensuite j’avais envie que tous les morceaux soient sur YouTube, et je trouvais ça nul d’avoir juste la pochette de l’album avec écrit « Audio only ». Ça n’avait pas de sens ! Alors, on a eu l’idée avec Hugo Pillard de faire plein de petits clips. On a fait des espèces de pâtisseries qu’on regarde sans trop regarder mais avec des idées toute bêtes de films comme dans le clip de Paradoxe où je me suis dis : « Venez les gars on va se manger un kebab et puis on se filme en plan séquence ! »

Après Hugo a fait des jeux de rythmes avec l’image. Sinon je trouvais ça trop marrant de filmer un chien sur « Où tu vas » pendant quatre minutes ! Et ensuite il y en a trois qui sont des animations parce que j’adore l’animation. J’ai une amie qui était en école, je lui ai proposé ! Finalement il y a d’autres gens qui se sont greffés à ces projets. L’idée c’était de faire un échange de bons procédés : offrir à ces gens une visibilité en échange d’un clip. En plus ce sont des étudiants donc c’était vraiment un échange.

On sait que tu travailles déjà sur un deuxième album. Tu peux nous en dire un peu plus sur tes futurs projets ?

Ça reste des histoires mais je m’éclate de plus en plus sur la prod parce que je commence à avoir plus d’outils, de palettes et de compétences. J’ai envie d’aller « frotter » un peu ce que j’ai commencé à faire : mélanger de la chanson, du piano toujours, mais aussi d’amener plus de trucs acoustiques, pourquoi pas samplés. J’aimerais beaucoup mêler les cordes à l’électro : avoir des violons et/ou du violoncelle mêlés à du Vocoder me ferait bien kiffer !

Et pour terminer, qu’est ce que la bonne musique pour toi ?

La bonne musique pour moi, c’est la musique qui émeut. Ça fait très intello de dire ça mais c’est Kant qui disait que « la musique est la langue des émotions ». Je trouve ça tellement vrai ! Moi ce qui me plaît dans la musique, autant quand j’écoute du reggae, du classique, du rap ou de la chanson, c’est qu’il y a un trait commun : être ému. Ça peut être festivement, émotionnellement, mélancoliquement mais c’est ce que je cherche quand je fais de la musique, c’est trouver une émotion quelle qu’elle soit. Ça peut être pêchu ou triste, mais la bonne musique à mon sens, c’est la musique qui émeut.

Tim Dup est actuellement en tournée dans toute la France pour présenter son premier album « Mélancolie heureuse » et se produira le 31 Mai prochain sur la scène de la Cigale.